La réforme de Bologne en bref

La réforme de Bologne est une réforme en profondeur du système de formation supérieure visant la mise en place d’un Espace européen de l’enseignement supérieur d’ici 2010. Lancé en 1999 par 29 pays européens, dont la Suisse, ce processus compte actuellement 47 pays participants.

La signature de la Déclaration de Bologne a marqué pour l’ensemble des hautes écoles suisses (universités, hautes écoles spécialisées et hautes écoles pédagogiques) le début d’un vaste processus de renouvellement, tant structurel que qualitatif de toutes les filières d’études. Au semestre d'automne 2009/10, tous les étudiant-e-s débutant leurs études dans une haute écoles universitaire suisse fréquentent un programme de bachelor (y compris en médecine) et 90% des étudiant-e-s des universités suivent un cursus de bachelor ou de master.

La réforme de Bologne en Europe : aperçu

En juin 1999, les ministres de l’éducation de 29 pays européens se sont engagés, en signant la Déclaration de Bologne, à mettre en place, d’ici 2010, l’espace européen de l’enseignement supérieur (European Higher Education Area). Dans ce but, ils se sont fixés la série d’objectifs suivante :

  • adopter un système de diplômes facilement lisibles et comparables,
  • créer un système fondé sur deux cursus (bachelor / master),
  • mettre en place un système de crédits (comme celui de l'ECTS),
  • promouvoir la mobilité en surmontant les obstacles à la libre circulation,
  • encourager la collaboration européenne en matière d'évaluation de la qualité,
  • promouvoir la dimension européenne de l'enseignement supérieur.

Depuis 1999, les ministres en charge de l’éducation se réunissent tous les deux ans (Prague en 2001, Berlin en 2003, Bergen en 2005, Londres en 2007, Leuven/Louvain-la-Neuve en 2009) pour constater les progrès accomplis et définir les axes prioritaires du processus pour les années à venir. Au fil des conférences ministériels différents thèmes ont été soulignés ou ajoutés à la liste d’origine tels que : 

  • l’apprentissagetout au long de la vie (lifelong learning), la promotion de l’attractivité de l’espace européen de l’enseignement supérieur, la dimension sociale et la participation des étudiant-e-s (2001),
  • le rapprochement entre l’espace européen de l’enseignement  supérieur et l’espace européen de la recherche et l’intégration du doctorat comme 3e cycle du nouveau système d’études (2003)
  • le développement de cadres nationaux de qualifications et la réforme de Bologne au-delà de 2010 (2005)
  • mise en évidence de l’employabilité (2007).

La gestion du processus de Bologne entre les conférences ministérielles est assurée par le Bologna Follow-Up Group (BFUG) composé de représentant-e-s des 47 pays membres, de la commission européenne et, en tant que membres consultatifs, de représentant-e-s des 8 organisations suivantes : Conseil de l’Europe, UNESCO-CEPES, EUA, EURASHE, ESU, ENQA, EI Pan-European Structure, BUSINESSEUROPE.

Réunis à Budapest et Vienne, les 11 et 12 mars 2010, les ministres européens de l'éducation des 47 pays qui sont désormais associés au processus ont pu célébrer le lancement de l'espace européen de l'enseignement supérieur. Dans leur déclaration, les ministres insistent sur les avancées du processus de Bologne, tout en relevant des problèmes qui ont surgi dans la mise en œuvre des réformes. Ils affirment leur volonté d'y remédier avec tous les acteurs.

La réforme de Bologne en Suisse : principes généraux

En juin 1999, à Bologne, le Secrétaire d’État Charles Kleiber a signé au nom de la Suisse la Déclaration des ministres sur l’espace européen de l’enseignement supérieur, plus connu sous le nom de Déclaration de Bologne.

Adoptées en décembre 2003, les Directives Bologne de la CUS fixent les bases légales pour l’introduction de la réforme de Bologne dans les universités suisses, à savoir :

  • Système d’études composé de 3 cycles : bachelor (180 crédits ECTS), master (90 ou 120 crédits ECTS) et doctorat
  • Introduction du système de crédits ECTS – 1 crédits correspondant à une charge de travail de 25 à 30 heures (en savoir plus)
  • Le titulaire d’un diplôme de bachelor d’une université suisse est admis sans condition préalable dans le cursus de master universitaire de la branche d’études correspondante (en savoir plus)
  • Dénominations unifiées des diplômes (en savoir plus)

Ces Directives ont été complétées fin 2005 par un article stipulant :

De plus, dans le but de favoriser la mobilité dans le domaine suisse de la formation supérieure, les étudiant-e-s ont désormais la possibilité de passer directement d’un cursus d'études de bachelor dans une HES ou une HEP à un master d’orientation correspondante dans une université, et inversement. Une convention signée fin 2007 par les trois conférences des hautes écoles (CRUS, KFH, COHEP) fixe en effet les principes et règle les modalités du passage d’un type de haute école à un autre (voit la liste de concordance sous: en savoir plus).

 |   | 
08.04.2010