Programme fédéral "Egalité des chances entre femmes et hommes dans les universités" 2000-2011
En instituant les contributions liées à des projets, la loi sur l'aide aux universités de 1999 a créé un nouveau type de subvention dans le but de soutenir des projets d'intérêt national menés par la Confédération et les cantons. La Conférence universitaire suisse procède au choix des projets. Le Programme fédéral "Egalité des chances entre femmes et hommes dans les universités" a démarré en 2000. Pour la troisième phase (2008 – 2011), le Programme dispose de nouveau d’un budget de 16 millions de francs (plan financier).
Le Programme fédéral occupe une place particulière dans la politique de l'égalité des chances entre femmes et hommes au sein des universités, dans la mesure où il s'agit d'un programme élaboré sur le plan national qui offre trois modules coordonnés visant un objectif d'ensemble. Il fait partie des mesures les plus importantes pour promouvoir l'égalité des chances dans les universités.
Les résultats obtenus sont positifs. La promotion des femmes a été institutionnalisée dans toutes les universités. Une large palette de mesures favorisant l'égalité entre femmes et hommes a été réalisée. Citons notamment les projets d’encouragement de la relève (module 2) qui vont du mentoring classique de personne à personne au mentoring entre pairs, en passant par un mentoring spécial en médecine, des cours et des conférences de sensibilisation aux questions liées à l'égalité, des banques de données ainsi que, dans le domaine des mathématiques et des sciences naturelles, des journées d'information destinées aux gymnasiennes. Chaque université a en outre pu organiser et développer son offre en matière d'encadrement des enfants (encouragement de la conciliation entre carrière académique et famille, module 3). Ainsi, des structures d'accueil flexibles ont été mises sur pied (p. ex. pour répondre aux besoins des mères en cas de maladie, de participation à une séance ou à un congrès, etc.), de même que des cantines pour les enfants en âge de scolarité et des espaces où ils sont accueillis pendant les vacances. Tout comme les contributions pour les projets, les universités reçoivent des montants fixes et contributions variables qui sont en général alloués dans un but précis et doivent donc être utilisés pour les modules 2 et 3.
Bien que contestées quant à leur forme ("primes par tête"), les mesures du module 1 – primes d'incitation pour la nomination de professeures - ont eu pour effet de porter le thème de la "transparence de la procédure de nomination" sur la scène de la politique universitaire et le « ranking » qui en est résulté a créé une certaine concurrence entre les universités. Il ressort par ailleurs de l'enquête annuelle portant sur l'engagement de nouvelles professeures que le nombre de ces dernières n'augmente pas de façon constante; au contraire, il fluctue d'une année académique à l'autre (en moyenne: 20,6%; record en 2006 29%).
L'objectif déclaré du Programme fédéral Egalité des chances de doubler, à l'horizon 2006, la proportion des professeures en la faisant passer de 7% (état en 1998) à 14 % a été atteint sur le plan national.Il n'en demeure pas moins qu'avec 14% de professeures, la Suisse se situe encore, en comparaison internationale, en-dessous de la moyenne des pays de l'OCDE (15%, She Figures 2006). Si l'on entend réaliser l'égalité des chances entre femmes et hommes dans le milieu académique, il est indispensable, selon la Direction du Programme, de faire passer la proportion de femmes dans le corps professoral de 14% (2006) à 25% d'ici 2012. Une fois de plus, il ne peut s'agir que d'une étape, car avec 25% de femmes dans le corps professoral, on est encore loin d'une égalité des chances réelle. Il convient également de chercher à augmenter la proportion de femmes dans les commissions chargées de prendre des décisions. Ce n'est en effet qu'en persévérant dans la promotion de l'égalité – qu'il s'agit de considérer comme une tâche incombant aux directions des hautes écoles en vue de garantir leur qualité - que l'on arrivera à long terme à une meilleure représentation des femmes aux échelons académiques supérieurs.
Le programme est rattaché, pour des raisons stratégiques, à partir du 1er janvier 2008 à la Conférence des Recteurs des Universités Suisses, CRUS.